la navette traverse la foule
la canetière électrique
L’atelier municipal de tissage

Le matériel de tissage :

L'atelier comporte trois métiers à tisser : deux d'entre eux sont relativement récents, datant des années 1950. Le troisième est un "bistanclac", métier à tisser à bras caractéristique du 19ème siècle.
Ces trois métiers ont été fabriqués à proximité et sont équipés de mécaniques conçues et fabriquées à la Croix-Rousse (Verdol, Staübli etJacquard), avec des montages "à la lyonnaise".
-le bistanclac, ou métier à bras, est un métier d'uni comportant une mécanique Jacquard de type 104
-le premier métier mécanique comporte un montage à la corde d'une chaîne de 11 200 fils de chaîne
-le second métier mécanique est un métier d'uni en grande largeur avec une ratière servant à la lecture du dessin
L'atelier comporte aussi une canetière électrique intéressante...

Cet ensemble unique a été sauvé par la Ville de Lyon!

Cet atelier est un témoin de l'époque des canuts du 19ème siècle. Monsieur ROCHARD, né dans la Loire en 1872, y a travaillé et vécu avec toute sa famille pendant de nombreuses années. Ses deux enfants y sont nés d'ailleurs en 1898 et 1906.  Recherchant un local plus spacieux, c'est Claudius RESSICAUD qui en fera l'acquisition en 1926. Dès cet achat la famille RESSICAUD choisit de ne pas habiter dans l’atelier. Elle loue un appartement situé en étage, dans le même immeuble. Depuis cette date l’atelier sert uniquement à la production.
Leur fille Renée, entrée dans le métier à l'âge de 14 ans, épouse Georges FIGHIERA en 1947. Ce dernier rejoint sa belle famille dans l’exploitation de l’atelier. La famille  livre une production de tissus façonnés de qualité : «haute nouveauté», tissus pour robe, tissus double face, tissus «lamé or et argent», crêpe de chine (soie naturelle), tissus pour la cour d’Angleterre…
Mais l'atelier a bien failli disparaître. Après le décès de Mr FIGHIERA en 1980, les tentatives de relance de la part de Messieurs WALDER, DELAFOSSE, et JACQUET n’ont pas été concluantes. Il est  alors envisagé de vendre les métiers à tisser « au poids ».
Consciente qu’il s’agit là du dernier atelier de canuts, Michèle GIRAUD, fille de Georges et Renée FIGHIERA, décide de tout faire pour sauver cet atelier typique et authentique. Après maints contacts infructueux, c’est sa rencontre avec l’association Soierie Vivante qui va permettre à l’atelier de continuer à vivre. En 2001, Soierie Vivante assure sa préservation en louant le local à Madame FIGHIERA, et en l’ouvrant au public avec des visites commentées.
En 2013, Soierie Vivante a œuvré à la perennisation de la sauvegarde de l’atelier de tissage, en proposant son achat à la Ville de Lyon. En effet, Madame FIGHIERA souhaitait s'assurer de la survie de cet atelier de façon durable. La Ville de Lyon, après avoir acheté l’atelier de tissage sous l'impulsion de Soierie Vivante, l’a fait mettre aux normes de sécurité, et a fait confiance à Soierie Vivante pour continuer à le présenter au public.